Inauguration de la Route nationale 1 au Congo

Après 8 ans de travaux, la Route Nationale 1 reliant Brazzaville à Pointe-Noire au Congo a été inaugurée mardi  1er mars 2016, en présence de Monsieur le Président de la République du Congo, M. Denis Sassou Nguesso, et de plusieurs de ses ministres membres du gouvernement.  Maître d’œuvre délégué, Egis a supervisé l’ensemble des études et travaux de ce projet d’envergure.

535 km de route neuve revêtue, en 2x2 voies, permettent désormais de relier Brazzaville, capitale de la République du Congo, à Pointe-Noire, deuxième agglomération du pays et capitale économique. Lancés en 2007 par le Président Denis Sassou Nguesso, ces travaux de 2 milliards d’euros ont été financés en partie par un accord-cadre de coopération économique et commerciale entre la République du Congo et la République populaire de Chine.

L'aménagement de cet axe routier stratégique, engagé par l'État congolais, est une action de haute portée qui favorise à la fois l'intégration nationale, le dynamisme des échanges et l'économie du pays. Il s’inscrit aussi dans une stratégie régionale, visant à faire du Congo la porte d’entrée des pays de l’hinterland, et de son port de Pointe-Noire une plate-forme de transbordement de premier plan.

L’Etat congolais a délégué sa maîtrise d’ouvrage au ministre à la Présidence de la République, chargé de l’aménagement du territoire et de la délégation générale aux grands travaux, organe administratif et technique en charge de la gestion des grands marchés publics. La construction de cette route neuve a, quant à elle, été confiée à l’entreprise chinoise China State Construction Engineering Corporation (CSCEC) et la maîtrise d’œuvre déléguée aux équipes d’Egis.

Un chantier hors norme

L’ancienne RN1, une piste étroite, en partie détruite ou fermée par la végétation, handicapait lourdement le développement économique du pays avec une liaison très difficile entre Brazzaville et Pointe-Noire. Le nouveau tracé, réalisé à 95% en 2x2 voies et entièrement neuf, va permettre le désenclavement de nombreuses villes des provinces du sud du pays.

Ce chantier marathon, qui s’est déroulé en plusieurs étapes sur une période totale de plus de 8 ans, est exceptionnel, à la fois par l’ampleur des travaux, la mobilisation matérielle et humaine déployée, mais également par les défis techniques relevés. Les équipes d’Egis ont su répondre à la gestion complexe des eaux de surface et souterraines, à celle des terrassements de très grande masse, ou encore aux problématiques posées par des ouvrages d’art non courants, tous en fondations profondes.

Un des plus spectaculaires défis est celui permettant la traversée sur environ 60 km du « Mayombe », massif montagneux au relief très tourmenté, formant une véritable barrière naturelle entre les départements du Kouilou et du Niari. En raison de l’hétérogénéité et de l’instabilité des sols du massif gorgés d’eau, ainsi que de la pluviométrie très forte et étalée sur de longs mois, des dispositifs variés de protection et de stabilisation des talus (clouage, béton projeté, mur de soutènement) ont été mis en œuvre à grande échelle afin d’assurer la pérennité de l’ouvrage.

Face à un projet aussi ambitieux, Egis a ainsi déployé toute son expertise pour assurer avec succès son rôle de maîtrise d’œuvre déléguée, tout en maintenant des délais de réalisation très serrés.

Avec plus de 202 000 plans vérifiés et 1 250 000 essais géotechniques réalisés, Egis a fait appel au plus fort de son activité, à une équipe de contrôle de plus de 170 personnes, réparties sur 535 km.

Une démarche environnementale au cœur du projet

Egis a décidé d’intégrer au projet la protection et l’aménagement de différents sites remarquables, présentant un intérêt historique, géographique, géologique, faunistique ou floristique.

Le choix technique le plus innovant proposé par Egis est l’utilisation à grande échelle (12 millions de plants) d’une graminée pérenne appelée « Vétiver » pour protéger et stabiliser les talus de déblai dans la zone des sables Batékés.

Cette solution de génie végétal, parfaitement adaptée au contexte environnemental et socio-économique du pays peut valoir d’exemple pour les aménageurs institutionnels ou privés du Congo et être régulièrement utilisée contre les problèmes d’érosion des sols sableux en Afrique.

© Xu Hui - CSCEC / Elion Basile - DGGT