Ouvrages d’art cherchent stabilité

Viaduc du Charmaix : histoire d’une « reconstruction avant déconstruction »

Le viaduc du Charmaix, en Savoie, est l’un des maillons de la rampe d’accès au tunnel du Fréjus. Parce qu’il est mis à mal par les glissements des deux versants montagneux sur lesquels il est fondé, la Société Française du Tunnel Routier du Fréjus a annoncé sa déconstruction et son remplacement par un nouvel ouvrage prévu pour tenir un siècle ! Livré en 2019, ce dernier s’adaptera au mouvement du terrain et intégrera en son sein la future ligne électrique Très Haute Tension Piémont-Savoie. Un double défi pour Egis, maître d’œuvre des opérations.

Patrice Adier, directeur de projet Génie civil

« Le nouvel ouvrage prévoit des appareils d’appuis hors normes en néoprène, capables d’encaisser les distorsions causées par le déplacement des appuis sous l’effet du glissement. La ligne THT accompagnera les mouvements éventuels de la structure grâce à des selles de maintien repositionnables, à l’intérieur du tablier. Des filets seront aussi déployés pour éviter les éboulements rocheux. Ces aménagements ont été retenus suite à une étude approfondie du site et de ses contraintes. »

Pour l’ancien viaduc, la solution adoptée est un démontage maîtrisé de l’ouvrage, du fait de l’interdiction de déboiser les forêts sur les versants, en raison de leur rôle préventif contre l’érosion des sols. « Nous devons adapter notre technique de déconstruction à cette nouvelle contrainte, en affectant le moins possible le milieu qui nous entoure. » Pas question non plus d’impacter les riverains à proximité. Des pistes seront aménagées pour assurer le transit chantier en toute sécurité.

Eco-conçu, le futur viaduc inclura des aménagements pour la préservation des chiroptères, très présents dans la région. « La sécurisation du site passe aussi par le maintien de sa continuité écologique. C’est une donnée essentielle si l’on veut réussir une bonne intégration de l’ouvrage d’art à son environnement. »