Pauline

Pauline

Responsable systèmes

J'ai 40 ans, je suis diplômée de l'ENSICA (une école d'ingénieurs en construction aéronautique).

En sortant de mes études, j'ai passé 3,5 ans chez Matra Transports puis, 2 ans dans une ONG au Cameroun avant de rejoindre SEMALY (actuellement Egis RAIL), début 2003. Je suis entrée en tant que responsable de marché signalisation et pilotage automatique, sur des projets de tramways puis de métros.

J'avais émis le souhait de repartir à l'étranger mais, peut-être pas si tôt. Mon CV avait été mis dans l'offre pour Chennai et Egis m'a proposé le poste début 2009, alors que la dernière de mes trois filles avait à peine 9 mois. Nous nous sommes pourtant décidés assez vite avec mon mari ; c'était une belle opportunité. Je suis donc partie, avec toute ma famille, en contrat d'expatriation de 2009 à 2012 sur le projet de Metro de Chennai en Inde. En tant que Responsable Systèmes courants faible, je gérais 8 personnes.

Travailler en Inde requiert de s'adapter à des codes fondamentalement différents des codes que l'on a en France. Par exemple, il apparaît très vite que la hiérarchie mise en place par l'entreprise n'est rien comparée à la hiérarchie « réelle » qui existe indépendamment de la structure du projet. Cette hiérarchie réelle peut venir du système de castes, de l'âge de la personne (plus on est âgé et plus on est écouté), du sexe de la personne (les hommes ont de base plus d'autorité que les femmes), mais également - dans le cadre de nos projets – d'un éventuel statut d'ancien manager chez Indian Railways. Pour nous, les étrangers, il s'agit de gagner sa crédibilité et ce, sans tous ces atouts.

« Vivre dans un contexte multiculturel oblige à devenir interculturel » ! On doit apprendre à se dire que, si quelque chose ne marche pas bien, c'est peut-être parce que l'on a mal fait passer un message, pas au bon moment ou pas à la bonne personne, et essayer de comprendre les modes de fonctionnements locaux. Faire cet effort d'adaptation force également à me se connaître soi-même, et connaître ses limites. Ça peut toujours servir ensuite !

Partir à l'étranger permet de gagner en confiance en soi et en autonomie. Loin du siège, à effectifs réduits, on doit se débrouiller et on élargit considérablement le champ.

Depuis mon retour, j'ai réintégré mon équipe et mon poste sur Lyon mais, si une nouvelle opportunité de partir se présente, pourquoi pas ?! Et pas forcément que sur mon domaine, je suis prête à tenter une expérience qui m'ouvre sur d'autres champs de compétences. Côté famille, mes filles ont été scolarisées en école américaine, aujourd'hui elles parlent anglais. Mon mari a trouvé du travail en Inde en contrat local. L'expérience a été positive pour nous 5.

Petit conseil pour celles et ceux qui se posent encore des questions, hésitent à partir : Je conseille à quiconque est un peu tenté de vivre ce type d'expérience, au moins une fois. On n'est jamais prêts à partir mais à un moment il faut se lancer. Bien anticiper la logistique c'est mieux, le reste vient sur place. On va vers un monde de mobilité grandissante, les enfants seront peut-être plus prêts à bouger après une telle expérience. Et puis après... « L'international peut devenir très vite addictif quand on y a goûté ».