Airborne Concept et Egis développent l’intégration d’un transpondeur ADS-B sur un mini-drone à voilure tournante

Sur l’aéroport de Toulouse Francazal, les sociétés Airborne Concept et Egis ont présenté fin septembre en avant-première à la Direction Générale de l’Aviation Civile (DGAC), les résultats de leurs travaux de développement pour l’intégration d’un transpondeur ADS-B sur un drone à voilure tournante de moins de 10 kg.

Identifier en temps réel la position du drone

Ce système vise à identifier en temps réel la position du drone, pour exercer une surveillance et faciliter la détection de drones destinés à des utilisations malveillantes. Compatible avec de nombreux systèmes de contrôle aérien, ce développement est une voie possible de réponse efficace aux craintes liées à la  présence grandissante des drones dans notre ciel. Airborne Concept et Egis ont conclu un partenariat et mis en commun leur expertise aéronautique pour mettre au point ce système de surveillance. Elles partagent un brevet qu’elles viennent de déposer.

"Nous sommes heureux de constater que la NASA a réalisé des essais similaires à quelques jours d’intervalles sur un drone à voilure fixe « Predator ». Il est en effet encourageant pour nous de découvrir que nos bureaux d’études ont eu la même vision d’avenir qu’une prestigieuse institution comme la NASA. C’est bien la preuve que nos travaux de développement sont pertinents et que l’ingénierie française se maintient à un solide niveau." confie Arnaud Le Maout, Président d’Airborne Concept.

Équiper un drone d'un transpondeur ADS-B

Le choix d’Airborne Concept et d’Egis s’est porté sur un transpondeur ADS-B de très faible taille embarqué sur un drone multi-rotors.  Airborne Concept, fabricant Toulousain de drones innovants pour les besoins  professionnels, s’est chargé d’intégrer le module ADS-B à bord de son dernier modèle octocoptère, sorti récemment de ses ateliers de fabrication.

Egis a apporté son expertise ADS-B sur la définition et la validation du concept opérationnel permettant la détection par les systèmes de navigation aérienne. L’ADS-B est  en effet un moyen international permettant la diffusion d’informations de surveillance (identification de l’appareil, position, cap, vitesse, altitude et intégrité).

"Cette collaboration permet à Egis de soutenir le développement d’un domaine où l’innovation est déterminante dans la conception de nouveaux services capables de s’intégrer à l’environnement aéronautique actuel." précise Cédric Barbier, Directeur Exécutif Aviation d’Egis.

Suivre sa trajectoire en temps réel et la visualiser sur un écran radar

Les premiers essais devant les représentants de la DGAC, ont suscité l’intérêt de Madame Muriel Preux, Directrice du Projet Drones pour le régulateur national qui précise : "Le monde des drones évolue très vite tant en termes technologiques que dans la diversité des applications professionnelles envisagées. L'innovation se situe dans de nombreux domaines : drones eux-mêmes, capteurs, logiciels de traitement des informations... Il est important qu'elle apporte aussi des bénéfices en termes de sécurité aérienne. Équiper un drone d'un transpondeur et d'ADS-B permet de suivre sa trajectoire en temps réel, de la visualiser sur un écran radar, ou d'être reconnu par le TCAS d'un avion de ligne. C'est aussi un moyen éventuel pour les forces de l'ordre, d'identification du drone et son opérateur. C'est donc un pas important vers l'intégration des drones dans l'espace aérien contrôlé. Ces concepts, développés par la NASA, sont aujourd'hui expérimentés en France par Airborne Concept. La R et D doit se poursuivre : miniaturisation des équipements, diminution de leurs coûts, tests sur la capacité de l'ADS B, éventuellement en collaboration avec des laboratoires de recherche ou des écoles d'ingénieurs. Mais ce premier pas est très encourageant. Les services de la DGAC se sont mobilisés pour rendre cette expérimentation possible et resteront attentifs à la suite des travaux."

Cette collaboration entre les sociétés Airborne Concept et Egis est un premier pas vers la sécurisation des utilisations des drones au-dessus de nos têtes. Une approche très aéronautique sans doute incontournable, si les industriels de la filière drone ne veulent pas se heurter aux autres usagers historiques de notre ciel tout en rassurant également les pouvoirs publics très sensibles face aux cas de survols illégaux.