2 équipes Egis lauréates de l'appel à projets FEREC

06/12/2021

Les solutions « TER-CO2 Bilan carbone des stratégies de terrassements » et « SEVE-V5 » ont été récompensées la semaine dernière par la Fondation d’Entreprise Recherche Collective pour la Construction et les Infrastructures (FEREC).

L’enjeu de cette édition est de taille : la décarbonation du secteur des infrastructures (transport, génie civil, réseaux, etc.) est une priorité pour les acteurs publics, de l’ingénierie et de la construction. Le secteur représentant 54% des émissions de GES en incluant l’ensemble du cycle de vie, matériaux, construction, maintenance, y compris l’usage qui représente à lui seul près de la moitié des émissions de la France (étude FNTP 2021).

Hubert Kieken de l’activité Environnement, Jocelyn Bouchut du pôle Géotechnique de la BU GO3E et Olivier Ledru de l’activité Infrastructures et Aménagements Urbains de la BU Ville, Route, Mobilités (VRM) ont été récompensés par la FEREC et pourront mener à bien leurs recherches.

Zoom sur le projet « TER-CO2 Bilan carbone des stratégies de terrassements »

Ce projet de recherche sera développé par les équipes Géotechnique et Environnement de la BU GO3E, avec les entreprises Valerian et Eiffage comme partenaires. Il a pour but de développer une méthode et un outil permettant de comparer les bilans carbone de différentes solutions techniques d’un chantier de terrassement tout en faisant varier les paramètres clés (transport des matériaux, traitement des sols, etc.).

1. Evaluer précisément les options techniques les moins émettrices de CO2 adaptées à chaque projet

En effet si les enjeux techniques et économiques des terrassements d’un chantier d’infrastructure linéaire sont bien connus, leur impact en terme de bilan CO2 l’est beaucoup moins. Pour réduire les émissions CO2 de ce type de chantiers, il faut pouvoir les évaluer pour chaque option technique mais aussi comparer des scénarii types. L’enjeu est de taille : il s’agit d’identifier rapidement et simplement les techniques les moins émettrices de CO2 et par la suite, promouvoir systématiquement les solutions les moins impactantes.

2. Arbitrer les solutions techniques en fonction de leur impact environnemental

L’objectif est de donner aux différents acteurs de la profession des ordres de grandeur permettant, pour des cas usuels, d’arbitrer entre les solutions techniques courantes vis-à-vis des émissions de CO2, d’identifier les activités les plus contributrices et les leviers permettant de réduire l’impact carbone d’un chantier de terrassement.

Plus concrètement, l’outil permet de connaitre l’impact CO2 du traitement de matériaux des différents liants existants, ou encore du transport des matériaux de carrières face au traitement des sols. Il apporte des réponses aux questionnements des acteurs de la profession telles que :

  • Est-ce pertinent de travailler au niveau des solutions techniques de conception ?
  • Certaines solutions techniques ont-elles des impacts carbone très significativement supérieures à d’autres ?
  • Quel est l’impact CO2 du matériel utilisé pour les travaux et quelle économie peut être attendue par des camions / engins répondant à des normes plus strictes de consommation ?
  • Quel gain de CO2 peut-on attendre en anticipant des emprises foncières pour disposer de zones de dépôts au plus près des excavations et réduire les distances de transport ?
  • Quel est l’impact CO2 du décalage d’un chantier en période météorologique peu favorable (induisant une augmentation du traitement à la chaux) ?


 

Zoom sur le projet SEVE-V5

Ce projet a pour objet d’intégrer de nouvelles fonctionnalités au logiciel éco-comparateur SEVE (Système d’Evaluation des Variantes Environnementales). Il sera développé par Routes de France avec la collaboration de nos équipes Infrastructures et Aménagements Urbains de la BU VRM ainsi que du laboratoire Navier (université Gustave Eiffel).

1. Répondre à deux limitations de SEVE

SEVE permet de comparer l’impact environnemental de la construction et de l’entretien d’infrastructures routières et d’aménagements urbains. Avec plus de 10 années de recul, le logiciel SEVE est un outil d’aide à la décision connu et reconnu dans le secteur ; plus de 1200 projets sont modélisés annuellement.

Mais il avait deux limites auxquelles nos équipes remédient :

  • La première repose sur la création d’un nouvel « indicateur de circularité des matériaux » qui permettra d’améliorer la prise en compte de l’économie circulaire dans le rôle d’aide à la décision de l’outil.

  • La seconde consiste à intégrer un nouveau module simplifié « d’éco-conception » de manière à étendre l’usage de SEVE à la phase de conception, en offrant la possibilité aux ingénieristes etbureaux d’étude de comparer différentes solutions techniques.

2. Contribuer à développer et généraliser des pratiques du développement durable

Le projet  répond à plusieurs défis environnementaux :  économies de ressources non renouvelables, réduction des impacts environnementaux, préservation du patrimoine vivant, technique et culturel.

 

Le développement du module d’éco-conception constituera un chainon manquant dans la démarche d’usage de l’éco-comparateur SEVE pour assurer la continuité et la cohérence, d’un point de vue de l’évaluation de la performance environnementale, entre la phase projet et la phase exécution. Il répondra à une demande croissante de la part des ingénieries et bureaux d’études de pouvoir modéliser les projets d’infrastructures à une échelle macroscopique sans entrer dans le détail des projets tel que SEVE le propose aujourd’hui. Cela dans le but d’orienter les choix vers des solutions génériques plus intéressantes d’un point de vue de l’impact environnemental.

La publication d’une version 5.0 intégrant les deux fonctionnalités décrites dans ce projet permettra d’accroître son usage et donc le recours à l’éco-conception et l’éco-comparaison dans les projets d’infrastructures et d’aménagements urbains pour réduire leur empreinte environnementale.