Seaboost au chevet de la plage d'Agde

25/10/2021

Les équipes de Seaboost, filiale d’Egis, interviennent au Grau d’Agde pour sauver la plage de l’érosion du littoral grâce à un atténuateur de houle biomimétique.

S’inspirer des mangroves pour atténuer la houle et les courants

Le projet PEGASE (Protection contre l’Erosion du littoral du Grau d’Agde et Sauvegarde des Ecosystèmes) repose sur le déploiement d’un pilote de génie écologique pour lutter contre l’érosion côtière. Le pilote sera déployé au niveau de la plage du Grau d’Agde. Il entre dans la catégorie des solutions d’atténuation de houle dites fondées sur la nature : la solution déployée s’inspire des écosystèmes de mangroves pour reproduire leur capacité à atténuer la houle et les courants incidents. Elle découle en ce sens d’analyses et de modélisations complexes visant à comprendre les interactions entre les pieds des palétuviers et le fluide, à cibler les paramètres clés de ces performances et à les reproduire dans une approche biomimétique.

PEGASE, une solution rapide comme l’éclair

Contrairement aux ouvrages traditionnels, la solution proposée est perméable, modulaire, facile à mettre en œuvre car nécessitant des moyens de pose plus abordables, et supporte des fonctionnalités écologiques caractéristiques des petits fonds côtiers (nurserie, habitat, alimentation…).

Elle exerce une dissipation énergétique de la houle et des courants fondée sur le frottement et la convergence / divergence des flux au sein d’un ouvrage complexe, et non sur sa réflexion par un ouvrage opaque. Elle agit ainsi sur le bilan sédimentaire global du site, et non comme une barrière infranchissable quelles que soient les conditions du moment.

La performance de dissipation augmente avec la complexité structurelle de l’ouvrage, ses dimensions, son occupation de la colonne d’eau et avec l’augmentation de l’énergie des houles incidentes (plus la vague est énergétique, plus le taux de dissipation est élevé).

Un projet évolutif, adaptable et modulable

Cette solution s’inscrit ainsi pleinement dans une approche douce, intégrée à son environnement et compatible avec le fonctionnement des grandes cellules sédimentaires.

Elle a vocation à restaurer conjointement des conditions hydrosédimentaires propices au maintien du trait de côte et à soutenir le développement des écosystèmes locaux, tout en produisant les services écosystémiques qui leur sont associés. Elle peut évoluer au fil du temps si nécessaire, pour s’adapter à l’évolution du trait de côte ou à des processus d’affouillement par exemple, cette évolution nécessitant là encore des moyens plus accessibles que ceux nécessaires à la réhabilitation d’ouvrages traditionnels.

Cette solution présente plusieurs avantages, notamment au-travers de sa structure complexe qui permet également de supporter de nombreuses fonctionnalités vis-à-vis de l’écosystème local (nurserie, habitat, substrat…) tout en permettant la circulation des flux, en particulier le renouvellement des eaux (cf qualité des eaux de baignade) ou encore le déplacement des espèces. Enfin, son caractère modulaire permet d’envisager :

  • une maintenance simplifiée en cas de désordre accidentel (la dégradation d’un module n’impacte pas l’ouvrage puisque chaque module est indépendant),
  • un maintien des performance si quelques modules sont dégradés, puisque l’efficacité de l’ouvrage repose sur de nombreuses structures
  • des possibilités d’extensions et de compléments d’ouvrages, tant horizontalement que verticalement, si l’on observe au fil du temps des évolutions ou des pistes d’améliorations ou des processus d’enseuillement par exemple.

Le projet en chiffre

  • 5 ans de recherche et de développement
  • 70% de porosité de l’ouvrage environ