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Maxime Jabier
directeur d'Acoustb (groupe Egis)
Published on 14 septembre 2020

Temps de lecture : 3 min

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Le son comme levier d’action sur la ville

La ville s’entend autant qu’elle se voit. Pour le réaménagement du secteur Concorde, dans le quartier lillois du Faubourg de Béthune, les acousticiens d’Egis ont fait de l’environnement sonore, tel que perçu par les habitants, une des composantes majeures du projet de rénovation urbaine voulu par la Ville.

Concertation Faubourg de Béthune à Lille

Par la représentation que se font les citoyens de leur environnement sonore et les valeurs d’usage qu’ils donnent aux differents lieux du quartier, on est en mesure d’alimenter la reflexion du futur amenageur. - Crédits : Stéphane Malek / Acoustb

Pour permettre la réappropriation qualitative de ce secteur d’habitat social, clôturé au sud par l’autoroute A25 et au nord par le boulevard de Metz, des ateliers ont été organisés avec des riverains pour discuter de la place du bruit dans le quartier et proposer des pistes d’amélioration de leur cadre de vie.

Construire un paysage sonore partagé

Concrètement, il a été demandé à chaque participant de réaliser une carte mentale sonore du quartier. Cette méthode a permis aux participants d’effectuer, par le biais de l'expression graphique, un travail réflexif sur ce qui constitue leur ambiance sonore quotidienne. Une fois ce travail personnel réalisé, nous avons mis tout le monde autour d'un plan du quartier afin de construire collectivement un paysage sonore partagé, qui a permis par la suite d’alimenter, à partir du vécu et des projections des usagers, les orientations techniques du projet d’aménagement.

Pour un cadre acoustique de qualité

La démarche s’est poursuivie par un diagnostic objectif de l’acoustique interne des bâtiments et de l’efficacité de leurs façades vis-à-vis du bruit extérieur. Suite à cela, des préconisations ont été faites pour orienter le choix des concepteurs (exposition, types de façade...).

Enfin, il s’est agi d’associer aux différents lieux d’usage du quartier (parc, routes, commerces...) des notions de conforts acoustiques différenciés pour parvenir à une cohabitation apaisée. Notre objectif était d’établir un cadre acoustique de qualité en créant un paysage sonore riche, perçu comme vivant, mais suffisamment apaisé pour ne pas provoquer de gêne pour le voisinage, et différencié pour que les riverains s’approprient et partagent ces lieux de vie extérieurs. Le paysage sonore a ainsi été travaillé à partir des axes routiers qui génèrent l’essentiel du bruit de fond, mais aussi de l’orientation des bâtiments, des matériaux qui absorbent ou réfléchissent les ondes sonores, et enfin de solutions pour moduler ou habiller de manière qualitative l’acoustique d’un lieu (fontaines pour le clapotis de l’eau, bosquets pour le chant des oiseaux, aires de jeux pour les enfants…). Car s’il est vrai que certains bruits sont nuisibles (bruit routier, chantier...), d’autres, au contraire, ont une valeur positive et doivent être intégrés autant que possible au paysage sonore quotidien. Le bruit, c’est la vie ! La recherche du silence n’est pas l’alpha et l’oméga d’un aménagement réussi. Il faut plutôt maintenir un juste équilibre entre des zones de calme et des zones plus vivantes, en veillant à la transition entre elles.

 

 

 

Commentaires
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1 commentaire
Pierre Simon

Merci de votre approche intéressante. Pour ma part, je suis étonné, en ville, par les nuisances sonores des motos, sans commune mesure avec celles des voitures. A cela s' ajoute leur pollution atmosphérique. Quels mesures vous semblent possibles? Les municipalités (Paris, par exemple) s'acharne contre la voiture et contribue au développement de la moto (parking gratuit, tolérance vis à vis des nuisances sonores excédant les seuils etc... ). Faut- il y voir une approche politique : ne pas froisser une partie des électeurs ? Cordialement.