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Sophy Fayaud
Directrice de projet Egis Airport Operation

Temps de lecture : 3 min

Les aéroports en piste pour la neutralité carbone

2 à 3 %, c'est la part estimée du transport aérien dans les émissions mondiales de gaz à effet de serre, selon l'Airport Council International (ACI). Or, si le trafic aérien double comme prévu d'ici 2035, celle-ci pourrait atteindre 15 à 20 % en 2050. Les aéroports, eux, ne représentent que 3 à 5 % de cette proportion, mais leur nombre se multipliant, qu’en sera-t-il demain ?

Aéroport d'Abidjan

- Crédits : ACI / EGIS

Le Conseil International des Aéroports (ACI), piloté par l’Europe, anticipe cette situation et a mis en œuvre dès 2007 un cadre d’accréditation qui récompense les aéroports ayant pris des mesures pour cartographier, réduire, optimiser et compenser leurs émissions carbone. Cette initiative propose en effet aux aéroports de progresser sur 4 niveaux : l'estimation des émissions de CO2 (niv. 1), la mise en œuvre de mesures visant à les réduire sur le périmètre dont ils ont la maîtrise (niv. 2), la sensibilisation des partenaires et des compagnies aériennes (niv. 3). L'objectif final étant d'atteindre un bilan carbone neutre (niv. 3+).

L'Airport Carbon Accreditation (ACA) est une démarche volontaire qui s’applique aujourd’hui à tous les aéroports du monde. Dans le réseau de concessions gérées par Egis, les plates-formes françaises de Brest et Quimper se sont engagées dans la démarche (niv.1), celles de Larnaca et Paphos à Chypre, ainsi que Libreville au Gabon, ont atteint le niveau 2, tandis que l'aéroport international d'Abidjan, en Côte d'Ivoire, est devenu le premier et seul aéroport carboneutre d'Afrique (niv. 3+).
L’ambition de l’ACI Europe est de 100 aéroports européens certifiés niveau 3+ d’ici 2030 (27 aujourd’hui), soit le double de ce qui avait été prévu lors de la COP 21.

Une meilleure gestion de l'énergie

Le programme d’accréditation carbone fournit un cadre cohérent pour aider à ce jour 237 aéroports dans le monde (43 % du trafic passager mondial) à gérer leurs émissions avec, à la clé, de nombreux avantages : amélioration de leurs performances énergétiques, réduction des coûts opérationnels, meilleure image auprès du grand public…

Les enjeux sont tels qu'il est fondamental pour la communauté aéroportuaire d’aspirer à des modèles de consommation énergétique à faibles, sinon zéro, émissions. A Larnaca, 96 % des émissions sont dus à la consommation électrique. C’est pourquoi nos aéroports participants s'efforcent d’améliorer le contrôle des éclairages, de mieux isoler les bâtiments, d'optimiser les systèmes de CVC, ou encore de recourir aux énergies renouvelables.

Inclure tous les acteurs

Les aéroports font beaucoup pour s’inscrire dans une trajectoire 2°C. Eux aussi ont à cœur de contribuer au développement durable de leur territoire, où ils sont un acteur économique important, créateur de nombreux emplois directs et indirects. Mais ils ne pourront jouer pleinement leur rôle que si tous les acteurs s'engagent à mieux faire. Les exploitants d’aéroports n'ont la main que sur environ 10 % des émissions, tandis que les compagnies aériennes, les sociétés d'assistance aéroportuaire et autres parties prenantes, sont à l’origine de la majorité des émissions. Des engagements multilatéraux, objet de la phase 3 du programme, sont donc nécessaires pour que les aéroports bas carbone puissent devenir demain majoritaires. L’ensemble des acteurs en a conscience et agit en ce sens.

Accréditation carbone de l'aéroport d'Abidjan

- Crédits : Egis

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