Précédent
Amandine Herber
Alternante en RSE, Direction technique, Innovation et Développement Durable
Published on 14 avril 2020

Temps de lecture : 3 min

Oser le biomimétisme pour innover durablement

Aujourd’hui, les ressources planétaires s’épuisent plus vite que nous ne leur laissons le temps de se régénérer. Nous utilisons ces ressources épuisables et limitées pour nos besoins et désirs en laissant vivre la planète à crédit (jour du dépassement). Dans ce contexte, il est intéressant de se demander : à quoi ressemblera notre futur ? La question de l’environnement est au cœur de notre évolution. En s’inspirant de la nature, le biomimétisme permet de concilier l’innovation et les enjeux climatiques.

Module Oursin

Le module Oursin© de Seaboost (groupe Egis), une solution biomimétique de l’oursin diadème pour reproduire ses propriétés d’abri et de protection des individus au cours de leur développement dans les eaux tropicales. - Crédits : Seaboost

« Nos avancées technologiques nous ont trop vite fait oublier que nous sommes avant tout des êtres biologiques installés sur une planète elle-même vivante. » - Luc SCHUITEN, architecte belge.

Qu’est-ce que le biomimétisme ?

En 1997 la première définition est donnée par Janine BENYUS, une scientifique Américaine consultante en innovation, elle dit : « Le biomimétisme (bios : vie et mimétisme : imiter) est une nouvelle science qui étudie les idées de la nature, puis imite le design et les processus permettant de résoudre les problèmes humains. Étudier une feuille pour inventer un meilleur panneau solaire est un exemple. En somme, il s’agit d’une ‘innovation inspirée par la nature’ ».

Le biomimétisme s’inscrit dans les principes du vivant qui invite à reconsidérer les 3.8 milliards d’années de recherches et de développements que la nature a développé pour elle. La vie, au travers des différents stades d’évolution et de sélection naturelle, a développé des astuces pour s’adapter à son environnement en prenant les contraintes comme une opportunité pour innover.

Pourquoi s’inspirer de la nature ?

Il est difficile de considérer les contraintes d’aménagement, déplacement, constructions sans penser pétrole, transports, déchets… Pourtant, la pression environnementale que nous exerçons sur la planète nous invite à reconsidérer notre façon de penser. S’adapter au changement climatique et aux conséquences qui en découlent devient un des enjeux principaux pour tendre vers une ville résiliente.

Le biomimétisme arrive à répondre à nos contraintes en apportant des solutions qui vont nous permettre de s’engager dans la transition écologique :

  • réduire les gaz à effet de serres,
  • capter le carbone (biomatériaux : pailles, ...),
  • valoriser et enrichir la biodiversité (niches écologiques dans les façades…),
  • diminuer l’extraction de matière première (matériaux innovants : brique avec des micro-organismes, ciment vert...),
  • diminuer la demande énergétique des bâtiments (ventilation passive, bioluminescence, façades photosensible, …)
  • traiter l’eau, le sol et l’air (phytoépuration, ...)
  • favoriser l’économie circulaire (déchets devient une ressource : recyclage).

Les champs d’application s’inscrivent dans les métiers d’Egis : la mobilité, l’énergie, l’architecture, le génie civil, l’organisation et la gestion de l’information.

Comment le biomimétisme peut nous inspirer ?

Formes et surfaces :

L’observation du martin-pêcheur donne un nouveau design au train à grande vitesse japonais, le Shinkansen : la forme du nez permet de diminuer la résistance à l’air du TGV lors du passage dans les tunnels. Cela permet de gagner 10 % sur sa vitesse et réduire sa consommation électrique de 15 %.

Procédés et matériaux :

Les micro-rainures de la peau des requins permettent de diminuer les résistances au fluide et donc d’améliorer son hydrodynamisme. Des tests sont en cours sur deux avions de type A-320 : surface recouverte de 40 à 70 % de vernis pour économiser 1 % de kérosène par trajet.

Ecosystème :

Répondre aux besoins des espèces au sein des écosystèmes sur les plans biologique, physique et paysager. Favoriser un habitat artificiel en écoconception.

 

 

Ainsi pouvons-nous nous demander : « Comment la nature ferait à notre place ? ».

Le saviez-vous ?

Egis est adhérent au CEEBIOS (Centre Européen d’Excellence en Biomimétisme de Senlis) depuis 2016. L’association propose des formations, la mutualisation de Recherche et Développement, l’accueil d’entreprises engagées et des événements qui réunissent des experts (GIS). Cette plateforme permet la collaboration des acteurs sur la thématique des enjeux sociétaux.

Commentaires
0 commentaire