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Egis
Published on 14 juin 2019

Temps de lecture : 2 min

Faire face à la croissance du trafic : l’exemple d’Abidjan

Aujourd'hui, l'augmentation du trafic aérien est telle que les aéroports risquent d’atteindre rapidement leurs limites en matière de capacité d’accueil, tant pour les aéronefs que pour les passagers. Un problème que le premier aéroport carboneutre d’Afrique anticipe depuis longtemps…

Aéroport d'Abidjan

- Crédits : ACI - Egis

5 questions à Bernard Cahn, chef de projet à l'aéroport international d'Abidjan, chargé du pilotage des travaux d'extension côté piste.

AERIA, concessionnaire de l'aéroport international d'Abidjan, société dans laquelle Egis est actionnaire à 35 %, a entamé un processus de développement de ses installations depuis plusieurs années dans le but d'augmenter la capacité d'accueil de l'aéroport en matière d'aéronefs et de passagers.

Parlez-nous un peu de ce projet d'extension... Est-il directement lié aux prévisions d'augmentation du trafic aérien dans les prochaines années ?

BC :Tout à fait. L'objectif principal pour nous était justement d'augmenter la capacité de l'aéroport, aussi bien en matière de stationnement que d'accueil passagers, pour être en mesure d'absorber un trafic qui ne cesse de croître. Sur le premier site, localisé dans la partie sud de l'aéroport, nous avons ainsi créé douze aires de stationnement supplémentaires. Pour faciliter l'accès des principaux transporteurs (notamment l'A380) aux aires de stationnement, nous avons également étendu le taxiway entre les deux voies d'accès à la piste. Dans le secteur nord, nous avons créé un taxiway parallèle à la piste pour en faciliter l'accès et fluidifier le trafic aérien.

Quels ont été les temps forts de ce projet ?

BC :Après quatre mois de préparation, les travaux ont commencé à la fin du mois de juillet 2017 et se sont terminés en octobre 2018. Les nouvelles aires de stationnement sud ont été livrées à la mi-mars 2018, avec une première phase en novembre 2017 pour accueillir le Sommet Union Africaine – Union Européenne. Le taxiway, entre les deux bretelles et la piste, est opérationnel depuis juin 2018. Le taxiway parallèle à la piste a été équipé de dispositifs de balisage lumineux de l'agence ASECNA (Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique et à Madagascar) et a été mis en service fin octobre 2018.

Comment avez-vous géré les opérations ?

BC :Les travaux ont été confiés à un groupement composé des entreprises Spie Batignolles, Malet, INEO et Franzetti. En sa qualité d'exploitant partenaire, Egis a appuyé AERIA dans la gestion des opérations en offrant son expertise dans des domaines d'activité clés. Egis a assuré la maîtrise d’œuvre des travaux et AERIA était en charge de la maîtrise d'ouvrage. Les travaux ont été réalisés dans le cadre d'un projet. Une organisation spécifique, composée des parties prenantes de l'aéroport, a été mise en place afin de répondre aux objectifs du projet et afin d'assurer la cohérence des actions. Le rôle du maître d'ouvrage était de coordonner ces parties prenantes, d'assurer le lien avec les autorités de contrôle, les utilisateurs et les services d'exploitation, et de rendre possible les validations et les prises de décisions au cours des travaux. Le rôle du maître d’œuvre consistait à concrétiser le projet, en définissant les adaptations nécessaires entre les plans d'étude et la situation sur le terrain. L'entrepreneur était chargé de la réalisation des travaux, en appliquant les consignes du maître d'ouvrage et des directives du maître d'oeuvre et en mettant en place les ressources humaines et matérielles nécessaires à la construction. Des réunions hebdomadaires se sont tenues tout au long des travaux afin d'assurer la coordination des différentes parties prenantes.

Etes-vous satisfait du travail accompli ?

BC :Oui. Les objectifs qualitatifs, budgétaires et de délai ont été respectés. Les travaux ont été terminés une semaine avant l'échéance prévue, avance qui reflète l'efficacité de l'organisation mise en place. Les contraintes budgétaires ont été respectées, et les réserves à la réception des travaux ont été levées au cours des semaines qui ont suivi. Grâce à une coordination continue avec l'agence ASECNA tout au long des travaux, le taxiway parallèle à la piste a pu être mis en service dans les semaines qui ont suivi la livraison des travaux de génie civil.

Quels enseignements pouvez-vous tirer de ce projet ?

BC :Parmi les facteurs de réussite, la collaboration entre les équipes et les organismes impliqués dans le projet a été essentielle. Grâce à l’organisation en projet, les effets perturbateurs sur le quotidien de l'aéroport ont été transformés en effets positifs, en fédérant les acteurs impliqués et en intégrant le projet dans le cadre des procédures habituelles. En ce qui concerne les difficultés rencontrées, comme souvent dans les projets, 20 % des actions concentrent 80 % des difficultés. Ces 20 % d'actions doivent faire l'objet d'une attention toute particulière. Il s’agit notamment des points qui concernent directement l’exploitation. En effet, si les infrastructures et les chaussées sont conçues pour perdurer plusieurs années, l'exploitation de l'aéroport, elle, est en perpétuelle évolution. Les équipements dédiés, notamment la signalisation diurne et nocturne définie au cours de la phase d'études de conception, doivent ainsi être vérifiés et adaptés lors des études d’exécution. Ce processus demande un fort investissement de la part des services d’exploitation pendant la phase de travaux, en lien avec la maîtrise d’œuvre.


 

Bernard Cahn, chef de projet à l'aéroport international d'Abidjan,
chargé du pilotage des travaux d'extension côté piste.

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