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Yves Cohen
Directeur Business Innnovation du domaine Mobilités
Published on 17 janvier 2020

Temps de lecture : 4 min

Vers une ubérisation des équipements de la route ?

L'ubérisation, du nom de l'entreprise Uber, est un phénomène récent dans le domaine de l'économie, consistant en l'utilisation de services permettant aux professionnels et aux clients de se mettre en contact direct, de manière quasi instantanée, grâce à l'utilisation des nouvelles technologies.

Vers une ubérisation des équipements de la route ?

- Crédits : © petovarga - AdobeStock

Les moyens technologiques permettant «l’ubérisation» sont la généralisation du haut débit, de l'internet mobile, des smartphones et de la géolocalisation. L'uberisation s'inscrit de manière plus large dans le cadre de l'économie collaborative. Ce concept d’économie de rupture s'oppose en fait à celui connu depuis des décennies. L’exploitation routière n’échappe pas à ce processus et porté par l’innovation de son domaine Mobilités, Egis prend les devants et propose déjà aux exploitants d’ubériser leurs habitudes.

 

Comment la route et les autoroutes sont-elles encore exploitées aujourd’hui ?

Depuis les années 80-90, les équipements sur la route n’ont guère changé : ils sont plus techniques, plus performants mais leur approche et leur utilisation restent les mêmes. Les coûts d’investissement, mais aussi de maintenance, sont proportionnels au nombre d’équipements, lesquels s’accompagnent de structures conséquentes pour les maintenir et les exploiter.

Pour connaître son réseau, l’exploitant dispose de stations de comptage qu’il va installer à des points précis de son réseau qui peuvent être des boucles d’induction, des capteurs électromagnétiques voire des caméras et qui vont informer sur le débit, le taux d’occupation ou la vitesse des véhicules.

Pour aider l’usager lorsqu’il a un incident à avertir les opérateurs du centre routier ou autoroutier, l’exploitant va poser des bornes d’appels d’urgence. Ce qui va permettre à l’usager d’avoir directement l’exploitant en audio afin de décrire son problème.

Pour informer l’usager de ce qu’il se passe sur son itinéraire, l’exploitant a 2 principaux moyens :

  • La radio autoroute trafic FM 107.7 nécessitant un studio d’enregistrement radio et une infrastructure lourde d’émetteurs radio tout le long de l’autoroute. Cette radio envoie le même flux de données pour tous les usagers sans savoir ni leur positionnement précis ni leur itinéraire (Exemple : possibilité d’avoir une information sur un événement à Montpellier alors que nous sommes à Avignon en direction de Lyon).
  • Les panneaux à messages variables qui informeront l’usager sur l’événement situé devant lui.

 

Comment la route et les autoroutes seront elles exploitées demain ?

Nous vivons une période de rupture, celle de la numérisation de tout, et les déplacements quotidiens n'échappent plus à la règle.

Pour connaître son réseau, l’exploitant dispose du fait que l’automobiliste et son véhicule sont désormais des traceurs grâce aux smartphones ou aux navigateur GPS. C’est ce que nous appelons communément FCD (Floating car data), soit les données issues des véhicules grâce aux GPS. Ce sont les Google® , Waze® , TomTom® qui vont fournir la géolocalisation, les vitesses moyennes sur le réseau et les temps de parcours dans les tronçons.

Demain, ce sera encore plus facile : les véhicules seront connectés. Dans ce cas, ils dialogueront avec l’infrastructure et fourniront eux même au PC routier (poste de contrôle), les données issues de leurs propres capteurs : la vitesse, la géolocalisation mais aussi d’autres données précieuses (mise en route des essuie-glaces pour indiquer qu’il pleut sur ce tronçon routier, utilisation des ABS montrant une perte d’adhérence indiquant que la chaussée est glissante à cause du verglas, d'une flaque d‘huile sur la chaussée, etc.).

Pour aider l’usager lorsqu’il a un incident à avertir les opérateurs du centre routier ou autoroutier, l’exploitant lui fournira une application (sorte d’avatar de sa borne RAU) directement sur son smartphone. Demain, tous les véhicules seront équipés du bouton e-call (obligatoire sur les voitures neuves européennes depuis avril 2018, afin d‘avoir l’assistance en direct sans sortir du véhicule).

Et pour informer l’usager de ce qu’il se passe sur son itinéraire, l’exploitant aura aussi 2 principaux moyens :

  • La Web Radio, qui remplacera à terme la radio trafic FM pour les mêmes fonctionnalités. L’usager indiquera son profil, son choix de musique et sera suivi pendant tout son trajet. Des messages d’exploitation couperont sa musique directement sur son autoradio, comme aujourd’hui, et de manière géolocalisée pour lui indiquer uniquement les incidents devant lui et à moins de 50 km.

    La webradio est une radio numérique via Internet qui n’a besoin :
    • ni de support de diffusion, le support 3G des opérateurs lui suffit,
    • ni de studio d’enregistrement, elle va puiser dans les podcasts des radios existantes,
    • ni de journalistes pour une intervention audio, grâce à un outil de vocalisation de textes.
  • Au niveau du message, les véhicules devenant maintenant compatibles Apple CarPlay et Android Auto, il suffira qu’une application utilise le mirroring de leur smartphone afin de fournir des PMV nomades dans les véhicules. Ces PMV nomades donneront les messages au conducteur à l‘approche de l’incident, grâce à la géolocalisation du véhicule.

 

Avantages de l’ubérisation pour les exploitants

C’est le principe même d’ubérisation (principe décrit dans tous les ouvrages économiques parlant de ce nouveau concept). Les services sont moins chers et de meilleure qualité qu’en économie traditionnelle , ils sont plus simples et plus rapides, ils sont sécurisés et demandent une maintenance réduite.

Les exploitants peuvent même avoir accès facilement à leur clientèle (les usagers), réfléchir sur des compléments de revenus (publicités ciblés) et de diversification d’activité, connaître l’opinion des usagers sur leur service (évaluation des prestataires par les utilisateurs) et mieux organiser leur exploitation. Ils vont acquérir une plus grande autonomie et une plus grande souplesse pour répondre aux besoin de leurs usagers.

De plus, l’information proposée à l’usager est maintenant personnalisée. Ce dernier n’est plus noyé dans un flot d’informations qui ne l’intéressaient pas.

Ils nous ont fait confiance pour ces nouvelles réflexions

  • La SOFICO et SPW représentant la Wallonie pour le nouveau PEREX : centre de gestion des infrastructures wallonnes
  • La Direction de l’Aménagement Urbain (DAU) du Gouvernement Princier de la principauté de Monaco pour le nouveau Centre Intégré de la Gestion de la Mobilité (CIGM)
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