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Jérôme Diot
Directeur technique développement durable et énergie

Temps de lecture : 4 min

Des piscines bioclimatiques pour réduire les factures énergétiques

Les piscines, qui comptent parmi les constructions les plus énergivores, pèsent lourd sur la facture énergétique des collectivités… Selon l’Ademe, elles représentent en moyenne 40 % des consommations liées aux équipements sportifs, lesquels constituent le deuxième poste de consommation des bâtiments communaux, derrière les établissements scolaires. Néanmoins, grâce à des innovations techniques mise en œuvre dès leur conception, cette facture peut être largement réduite…


Crédit : © Egis

Une piscine géo-solaire BBC à Château-Renault

Pour concevoir la piscine de Château-Renault, nous avons cherché à minimiser les besoins grâce à une étude en simulation thermique dynamique, pour ensuite les couvrir au maximum par des installations d’énergies renouvelables : pompe à chaleur géothermique et capteurs solaires.

L’orientation du bâtiment favorise les apports solaires et l’entrée de lumière en façades sud, ouest et est. Les vitrages retenus possèdent de hautes performances de transmission de la chaleur solaire et de la lumière extérieure. Une casquette horizontale et des brise-soleil en hauteur évitent l’éblouissement à la belle saison mais autorisent l’entrée de la chaleur du soleil et de la lumière pendant les mois d’hiver.
Pour éviter les ponts thermiques propices à une condensation qui fragilise le bâtiment, les murs sont isolés par l’extérieur. La toiture est végétalisée.

Bassins chauffés par géothermie

À Château-Renault, la ressource en eau est abondante ; elle a contribué à l’essor à la fin du 19e siècle d’une tannerie de renommée mondiale, aujourd’hui disparue.

Après confirmation d’un potentiel géothermique intéressant à l’aplomb de la piscine, deux forages à 37 mètres permettent le prélèvement de l’eau et son rejet. L’eau à 10-15°C alimente une pompe à chaleur de 60 kW d’où elle ressort à 45°C pour chauffer les bassins à 32°C. L’appoint et le secours sont assurés par une chaudière gaz.
Par ailleurs, l’atmosphère est chauffée par une centrale de traitement d’air (CTA) thermodynamique qui réalise aussi sa déshumidification. En été, la chaleur excédentaire de l’air est récupérée au niveau de la CTA pour chauffer les bassins.

Capteurs solaires innovants

L’eau chaude sanitaire (ECS), préchauffée grâce à un échangeur de chaleur sur les fumées de la chaudière gaz, provient de 80 m² de capteurs solaires en toiture. L’Architecte des Bâtiments de France ayant refusé des panneaux inclinés en raison de la proximité du château, nous avons utilisé une technologie suisse de capteurs posés à plat.

La technologie comprend un échangeur en acier inoxydable et une couche sélective au chrome noir permettant d’absorber l’énergie thermique du rayonnement solaire tout en limitant considérablement les pertes par rayonnement. L’irrigation est parfaite car 98 % de la surface du panneau est en contact avec le fluide.

Leur performance reste inférieure à celles des capteurs classiques car l’absence de vitre empêche de créer un effet de serre, mais cette perte de rendement est compensée par la pose à plat permettant de mettre plus de surface de panneaux. En outre, ces capteurs ont l’avantage d’être moins onéreux, très robustes (résistance à la grêle, possibilité de marcher dessus), et surtout, ils s’autorégulent en cas de fortes chaleurs. Ils ne risquent donc pas de casser sous l’effet de la vaporisation du fluide caloporteur. Le solaire couvre 40 % des besoins en eau chaude sanitaire de la piscine.


Les capteurs posés à plat évitent l’ombre portée d’un panneau sur l’autre. Crédit : © Egis

Fonctionnement économe en eau

La conception de l’installation limite la consommation d’eau potable à environ 60 litres par baigneur. À la place du sable, la technologie AFM® à billes de verre recyclé a été choisie pour le traitement de l’eau des bassins. Plus efficace, elle assure à la fois des économies d’énergie, d’eau et de chlore.

A noter qu’il s’agit de chlore sous forme gazeuse, beaucoup plus performante.

L’ensemble de ces technologies permet d’atteindre un excellent niveau de qualité sanitaire de l’eau de baignade.

 

Le centre aquatique d’Amboise (37) fait le plein d’innovations !

Egis réalise la maîtrise d'œuvre complète de ce centre aquatique de 2200 m² (SDP), dessiné par l’agence Coste Architectures. Il se compose d'une halle bassins (1153 m²), d'un bassin sportif (375 m²) avec 6 couloirs de nage, d'un bassin d’apprentissage (125 m²) avec 1 à 2 couloirs de nage de 12 m de long, et de plusieurs annexes : accueil, vestiaires, sanitaires, douches, infirmerie, locaux du personnel et techniques.

Le projet a séduit par sa volonté de réduire les coûts de consommations, d'optimiser et de valoriser l'énergie, et de limiter son impact carbone.

Là encore, le bâtiment profite d’une conception bioclimatique, avec des matériaux sains et durables (structure bois et revêtement de sol en liège). Il est équipé d’une filtration biologique (sans chlore) pour le traitement d’eau.

Le centre fait la part belle aux énergies renouvelables et à la récupération d’énergie, notamment grâce à des panneaux photovoltaïques hybrides. Les consommations d’eau seront sensiblement réduites, grâce à l’utilisation d’une filtration performante pour les bassins, à des économiseurs d’eau pour les appareils sanitaires et également grâce à la récupération d’eau de pluie pour le nettoyage. En outre, le centre aquatique dispose de récupérateurs d’énergie sur les eaux grises, sur les fumées de combustion des cheminées des chaudières, ainsi que sur la centrale thermodynamique de la halle bassin.


Crédits : © Agence Coste Architectures

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