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Béatrice Gasser
Directeur Technique et Développement Durable
Published on 16 octobre 2018

Temps de lecture : 3 min

Neutralité carbone : mode d’emploi

Pour limiter les effets catastrophiques d’un climat qui change, la réduction drastique et rapide de nos émissions de GES est une priorité absolue. Or, pour savoir où placer les efforts, il convient avant tout de voir d’où viennent ces émissions, dans quelle mesure nous pouvons les réduire et pour quelles échéances…

- Crédits : © Andrew Ruiz on Unsplash

Une lutte sur plusieurs fronts

Pour agir efficacement au niveau d’une entité, qu’il s’agisse d’une collectivité ou d’une entreprise, il importe de bien connaître les principaux facteurs d’émission de gaz à effet de serre sur son périmètre. L’étude prospective menée par Egis pour la ville de Paris « Paris change d’ère – pour la neutralité carbone en 2050 » a mis par exemple en évidence que les émissions de carbone provenaient pour ⅓ du déplacement des personnes, pour ¼ de la consommation (dont l’alimentation) et des déchets, pour ⅕ du transport de marchandises et pour ⅕ du secteur du bâtiment.

Réduire les émissions de carbone d’un territoire, ou d’une entité, relève donc d’actions à mener non seulement au titre de la conception et la réalisation des techniques (bâtiments, infrastructures de transport, traitement des déchets, véhicules de transport), mais également d’actions sur les comportements et les habitudes de déplacement et de consommation (télétravail, covoiturage, utilisation des transports collectifs, circuits courts de consommation, …). Aussi, quand on pense « Smart city », il s’agit non seulement de penser intelligence technologique, mais également intelligence dans l’aménagement de l’espace, la réorganisation des fonctions, ou la réintégration de la nature en ville.

Quel bilan carbone pour les projets ?

Nos études montrent que pour la réalisation d’un bâtiment ou d’une infrastructure, les émissions de CO2 sont liées pour 20 % à sa réalisation et 80 % à son exploitation. Par ailleurs, les choix de conception permettent de réduire les émissions en exploitation de 10 à 20 %.  Il faut donc penser les opérations de manière globale, dès le démarrage des premières phases de conception et réduire les émissions de carbone à tous les niveaux. Tout effort est utile, même si l’impact peut paraître relativement faible, et toute variante doit être considérée, quelle que soit la phase, en fonction de son impact sur les émissions de carbone.

Nos axes d’amélioration portent sur l’instruction et la mise à jour — en fonction des innovations technologiques — de chiffres-clés, indicateurs et ratios pertinents selon le contexte, permettant de quantifier les émissions évitées sur les projets que nous concevons, réalisons ou exploitons.

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