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collectif d'auteurs
Egis
Published on 27 mars 2019

Temps de lecture : 4 min

Comment concilier transition écologique et progrès numérique ?

Les exemples de contribution du digital à la transition écologique et énergétique (TEE) sont nombreux et enthousiasmants. Mais attention de ne pas se laisser piéger par la tentation d’un progrès irresponsable, qui pourrait amplifier le problème et s’avérer finalement pire que le mal...

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- Crédits : ©Tomasz Wyszo┼émirski Thinkstock

Nous sommes profondément convaincus que ces deux transformations sociétales majeures sont indissociables et que, plutôt que de chercher à disrupter la transition écologique avec le numérique, il est de notre devoir de mettre en œuvre une transition numérique responsable.

Il ne s’agit donc pas d’opposer transition numérique et transition écologique, mais d’une part, de mobiliser tout le potentiel du numérique au service de la transition écologique, et d’autre part d’adopter des comportements responsables pour limiter les impacts environnementaux de nos solutions numériques internes et à destination de nos parties prenantes.

La transition numérique comme accélérateur de la TEE

Les innombrables possibilités du numérique sont de véritables clefs de voûte pour créer des villes intelligentes, mettre en œuvre les mobilités du futur, transformer les bioressources en énergie, concevoir, réaliser et exploiter ouvrages, bâtiments et infrastructures autrement et durablement.

Les données massives collectées grâce aux objets connectés ou en open data et l’apport de l’intelligence artificielle nous aident à acquérir une meilleure connaissance des comportements et des usages des ouvrages que nous concevons et exploitons. Réalité virtuelle, réalité augmentée, plates-formes citoyennes nous permettent de concevoir et réaliser nos projets en concertation avec nos parties prenantes en les impliquant dans un design immersif, comme nous le mettons en œuvre à titre d’exemple pour le métro du Grand Paris, le métro de Doha ou pour l’élargissement de l’autoroute A10 à Orléans.

Les outils numériques nous incitent à développer des modes de conception alternatifs. Nous avons ainsi démarré en 2018, en partenariat avec Autodesk, deux expérimentations de conception paramétrique (generative design), l’une appliquée aux murs acoustiques et l’autre à une conception biomimétique d’écorécifs.

Ils permettent un meilleur monitoring des ouvrages et des bâtiments et une maintenance prédictive appliquée à la gestion de patrimoines routiers, ferroviaires, aéroportuaires ou hydrauliques, ou autres, pour une gestion plus responsable. Parmi d’autres applications, nous avons développé avec Poste Immo et la Caisse des Dépôts SOBRE IT®, une plate-forme visant à accompagner les professionnels de l'immobilier dans le pilotage de leurs consommations d'énergie. Grâce à la solution « DHARMA » (Dam Health And Rehabilitation Monitoring Application), nous pilotons en Inde le patrimoine de 5 500 barrages hydrauliques.

Les technologies digitales 4.0 participent à l’essor de l’économie circulaire. C’est le cas de la plate-forme Cycle Up, créée en 2018 par Egis avec la société Icade, qui propose une gamme de services et l’accès à une communauté de partenaires pour le réemploi des matériaux de construction, avec des économies en euros et en carbone à la clé.

Au quotidien, les outils numériques contribuent à la réduction des émissions de carbone liés aux déplacements, en facilitant la pratique du télétravail.

Le défi :  mettre en oeuvre un modèle de développement soutenable

Sommes-nous capables de faire le bilan du monitoring énergétique de bâtiments si cela doit passer par le développement immodéré de data centers fortement émissifs dans les villes et sur l’ensemble du territoire ?

Comme le souligne la récente étude « We green it » réalisée par WWF en collaboration avec le club Green it, à l’échelle mondiale, nos usages connectés représentent déjà deux fois l’empreinte environnementale de la France : 1 037 TWh d’énergie primaire (140 millions de Français), 608 millions de tonnes de gaz à effet de serre (86 millions de Français) et près de 9 milliards de m3 d’eau (160 millions de Français).1

Pour contribuer réellement au développement d’une économie post-carbone, Il est absolument nécessaire de maîtriser l’empreinte écologique liée au numérique.

Vers une transformation numérique responsable

Parce que nous sommes convaincus qu'une transformation numérique réussie est une transformation numérique responsable, nous développons chez Egis des solutions qui visent à réduire l’empreinte carbone du numérique dans nos conceptions et réalisations.

De fait, l’empreinte carbone de nos données fait partie des KPI (Key Performance Indicators) du plan de déploiement du BIM au sein de nos business units et est l’un des indicateurs clés de notre système de management de la performance QSE (Qualité Sécurité Environnement), avec un objectif de diminution de 20 % du volume des données stockées entre 2018 et 2020.

Nous développons une solution innovante d’aide au comportement responsable des utilisateurs en matière de gestion des données et des fichiers. Cette innovation, baptisée Hoodia (nom d’une plante aux vertus amaigrissantes), a été lauréate de l’Idéathon, notre concours interne d’innovation 2018.

Nous contribuons à la réalisation de data centers à faible consommation énergétique, comme à Saumur. Pour nous « smart » (smart city ou smart mobility) signifie non seulement digital, connecté et monitoré, mais également responsable. Donc plus d’intelligence et plus de durabilité.

Cette exigence se traduit dans notre propre organisation. En effet, les thèmes "Technique, Innovation, Développement durable et Systèmes d'information" sont réunis sous un même pilotage et témoignent d’une stratégie concertée, au service d’un futur soutenable.

En définitive, le secret pour faire face aux défis sociétaux sans précédent auxquels nous sommes confrontés n’est-il pas d’allier intelligence collective, intelligence artificielle, et intelligence de la nature ?

 

1 Quelle est l’empreinte du web ?, Frédéric Bordage, GreenIT.fr, 2015.

 

Les auteurs


Martine Jauroyon,

Directrice Transformation métiers & RSE

 


Béatrice Gasser,

Directrice technique et développement durable

 


Christophe Castaing,

Directeur du programme Ingénierie Numérique

 

 

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