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George Caraiman
Chef de projet Mobilités
Published on 13 février 2019

Temps de lecture : 3 min

Et si le pilotage de la ville transitait par l‘éclairage public ?

L’éclairage public, en création de réseau ou en rénovation, transporte un courant qui peut être communicant et donc centraliser des données. Quelle que soit leur provenance, elles contribuent à la performance urbaine et sont des vecteurs de développement de la Smart City et du Smart Grid. Les économies de fonctionnement engendrées peuvent être ainsi réinvesties. L’éclairage public devient « intelligent » et porteur de nouveaux services…

Eclairage public intelligent

- Crédits : © Sinenkiy -iStock

L’éclairage public représente 18 % de la consommation et 22 % des dépenses du poste énergie pour les collectivités locales. Avec un peu plus de 5,3 milliards de kWh, il est le premier poste de consommation (45 %) et de dépenses en électricité (38 %) d’une commune, selon l’Ademe. Afin de diminuer cette consommation en électricité, la solution serait la mise en œuvre d’une approche méthodologique cohérente, sans nuire à ses deux objectifs fondamentaux que sont le confort et la sécurité des usagers. Ces économies sont accessibles grâce à une modernisation de l’infrastructure et de la logique de commande (CPL ou technologies sans fil).  

Pourquoi l’éclairage public ?

Il est possible d’utiliser le courant et le réseau d’éclairage public pour transporter d’autres informations et signaux, ou pour alimenter d’autres services avec une disponibilité à chaque point lumineux. Un tel système permettrait d’impulser le pilotage et donc l’optimisation de la gestion des réseaux par une hypervision urbaine, afin de mutualiser l’ensemble des réseaux de collectes d’informations (gestion technique des bâtiments administratifs, assainissement et sécurité des zones piétonnes, information des citoyens, capteurs de pollution …). Il permettrait aussi de diminuer l’encombrement urbain en regroupant sur un candélabre nouvelle génération les différents services (éclairages, wifi, vidéosurveillance, information bus, recharges smartphone, sonorisation, capteurs météorologiques, de pollution ou de comptage trafic).

L'éclairage public, vecteur de supervision urbaine et d'économies

Nous pensons que le candélabre a tous les critères pour devenir l’équipement central du pilotage de la ville. Organisée réglementairement, sa répartition est nécessairement à proximité des centres névralgiques. Son alimentation, maintenant constante, est capable d’être optimisée et pilotée. Son évolutivité est possible vers un seul réseau d’énergie pour alimenter tous les systèmes connexes de la ville.

Ainsi, l’aménagement urbain prend une nouvelle dimension. Abribus, boîtiers monétique, panneaux d’information, bornes rétractables, etc., peuvent maintenant communiquer grâce à notre système, via un réseau de données qui supplée la fibre optique, la radio ou les systèmes opérés (ADSL, radio) et simplifie les interfaces des systèmes existants.

L’éclairage public, une composante clé du Smart Grid ?

Au-delà de l’optimisation de la consommation d’énergie électrique, qui représente le concept de base du Smart Grid, l’éclairage public pourrait être un support physique et offrir l’alimentation électrique nécessaire pour la recharge des voitures électriques. Il pourrait aussi être le vecteur de transport électrique pour la production d’énergie renouvelable.

La mutualisation avec l’infrastructure de recharge des voitures électriques est un sujet très intéressant, car le maillage du réseau électrique nécessaire pour l’alimentation de l’éclairage peut être utilisé pour la recharge des voitures électriques. L’accès à la charge peut être géré par un système central mutualisé avec celui de la gestion de l’éclairage ou par un système dédié.

A supposer que le réseau électrique dédié à l’éclairage public serve aussi demain à la gestion et à l’intégration de la production d’énergie renouvelable, cela aura l’avantage considérable de limiter les coûts des travaux de génie civil et d’optimiser les coûts de modernisation de l’infrastructure électrique. L’objectif sera alors de mutualiser l’infrastructure existante avec la nouvelle infrastructure dédiée au transport de l'énergie renouvelable qui pourra provenir d’une source externe (panneaux photovoltaïques installés sur le toit d’un immeuble) ou faire partie intégrante du mât (mât avec cellules photovoltaïques).

L’éclairage public comme composante du Smart Grid vise la mise en place d’un système de gestion centralisé permettant un meilleur pilotage (éclairage, recharge de VE, production d’énergie renouvelable) et une optimisation des coûts globaux (investissement, exploitation, maintenance et une meilleure gestion des abonnements EDF).

Un projet réussi : le pont de Saint-Nazaire

Sur le pont à 3 voies de Saint-Nazaire, Egis a mis en service un système très innovant en France qui consiste à modifier le sens de circulation de la voie centrale de l’ouvrage selon les besoins du trafic. En fonction de la circulation donc, ce système va attribuer trois voies dans un sens et une voie dans l’autre grâce à des plots lumineux qui matérialisent la nouvelle configuration de la voirie et des équipements routiers en appui (panneaux et station de comptage). Mais ce projet innovant a un concept caché : l’ensemble des équipements et des plots sont pilotables et alimentés via les candélabres du pont. Pour cela, les équipes d’Egis ont modifié la gestion de l’énergie et géré ces équipements via des systèmes utilisant les courants porteurs en ligne. Pratique !

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