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Alain Baudry
Integration and Modification manager - ITER
Published on 25 avril 2018

Temps de lecture : 3 min

ITER : la fusion des maquettes numériques

Sur ITER, les réactions de fusion ont déjà commencé ! Non à l’échelle des atomes, mais bien au niveau des maquettes numériques où sont assemblés plus de 10 millions de composants et pas moins de 8000 modèles 3D.

Vue aérienne site ITER

- Crédits : ITER Organization- EJF Riche

ITER, c’est avant tout 35 pays qui tentent d’ouvrir la voie à une exploitation industrielle et commerciale de la fusion nucléaire. C’est la collaboration coordonnée de milliers de personnes qui contribuent, chacune dans sa spécialité, à concrétiser cette expérience scientifique hors normes. Le socle de cette coopération ? CATIA® et ENOVIA®, les plateformes de développement de Dassault Systèmes, qui font d’ITER un objet virtuel en 3D inscrit dans une infrastructure maquette géante.

Au sein du consortium ENGAGE constitué de 4 ingénieries européennes et en partenariat avec l’agence européenne F4E (Fusion For Energy), Egis a un rôle majeur à jouer : mettre à jour la maquette numérique des 39 bâtiments et installations extérieures qu'abritera la plateforme ITER de 42 ha.

Une nouvelle manière de concevoir

Sur un tel projet, tout l’enjeu est de savoir comment organiser l’ingénierie et la construction autour d’un modèle 3D, de l’acquisition des données à la gestion des configurations. Lorsqu’on a recours à une maquette numérique, il convient de définir des méthodes et une procédure qualité qui lui soient propres, mais plus encore d’établir un lien permanent entre les ingénieurs qui numérisent leurs schémas et le reste de l’ingénierie qui s’appuie toujours sur des plans papier.

La communication et l’accès généralisé aux modèles 3D restent ainsi une priorité pour ITER. C’est pourquoi, à chaque étape de la conception et de la réalisation, deux séries de livrables sont systématiquement passées en revue : la maquette 3D et les documents 2D correspondants.

L’ingénierie en simultané

Les entreprises sont intégrées à la vie du modèle. Charge à elles donc de le mettre à jour, en fonction des études qu’elles mènent. Sur ce projet, ITER a opéré pas moins de 1000 modifications, ce qui nous oblige à émettre régulièrement des versions gelées de l’objet ITER incluant ces modifications.

Une gestion prudente des configurations est donc nécessaire, pour ne pas dire indispensable, si l’on souhaite entretenir une parfaite cohésion entre les métiers et les équipes mobilisées. Si elle reste délicate, cette ingénierie simultanée serait probablement impossible à réaliser sans l’outil synthétique partagé qu’est le modèle 3D.

ITER, un monde de chiffres !

  • 35 pays participants
  • 5000 personnes mobilisées
  • 8000 modèles 3D
  • 10 millions de composants numérisés
  • 500 MW d’énergie produite
  • 840 m³ de plasma
  • 100 000 km de brins supraconducteurs
  • Une fusion à 150 millions de degrés
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NAVARRO

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