Sylvain

Sylvain

Chargé d’études chez Egis et quadruple champion de France handisport de snowboardcross

Sylvain Bréchet est un véritable battant ! Athlète émérite, dans plusieurs disciplines, il a fait du snowboard son sport de prédilection. Amputé « tibia jambe gauche » suite à un accident de motoculteur en 2004, Sylvain n’a pas pour autant renoncé au sport et le voilà de nouveau sur sa planche de snow… tout juste 6 mois après ! Chaque saison, il participe aux épreuves de Coupe du monde IPC (International Paralympic Commitee) et a bouclé les 10 km du Run In Lyon en 51'49 en 2017.

Egis et vous, c’est une collaboration de longue date... Racontez-nous ! Sur quels projets travaillez-vous actuellement ?

Sylvain - Oui, cela fait déjà près de 15 ans que j’apporte mes compétences aux études de projets français et internationaux d’Egis. Dernièrement, avec les lots gagnés sur le Grand Paris, j’ai l’occasion inédite de contribuer à la vaste préparation des prochains Jeux Olympiques et Paralympiques Paris 2024 ! Je suis également mobilisé sur un projet structurant en Angleterre, le tramway de Birmingham, où nous apportons à la fois l’expérience française et le savoir-faire historique d’Egis en matière de transport urbain.

Votre situation de handicap est-elle un frein à votre épanouissement professionnel ?

Sylvain - Absolument pas. En vérité, le mi-temps thérapeutique, démarré à mon retour de convalescence, n’a pas duré longtemps car j’ai très vite repris mes marques au travail. Le regard des autres est le même qu’auparavant et la montée en compétence, durant les années qui ont suivi l’accident, me permet aujourd’hui d’accompagner mes collaborateurs et d’appuyer mes managers dans les bouleversements du numérique comme le BIM (Building Information Modelling). Ça se passe donc bien, même si évidemment, avec mon âme de compétiteur, je souhaite toujours en faire plus !

Vos multiples victoires sont une belle leçon de vie ! D’où vous est venue la force de remonter sur un snowboard et de vous dépasser ?

Sylvain - J’avais transmis l’amour des sports d’hiver à mes enfants et après l’accident, il était hors de question de ne plus en faire en famille. Un peu têtu, j’ai renoué avec le snowboard à peine 6 mois après l’amputation, sans trop me poser de questions, et je crois bien que c’est ce sursaut d’audace et cette spontanéité qui m’ont permis d’aller de l’avant et de me dépasser. Egis est partenaire de l’Association Snowboard & Handicap et vous soutient dans toutes vos compétitions.

Quelles sont vos prochaines actualités sportives ?

Sylvain - En octobre, j’ai une petite revanche personnelle avec le 10 km de course à pied du Run in Lyon que je compte bien boucler cette fois en moins de 50 minutes ! En ce qui concerne la Coupe du monde IPC de snowboard,
je suis d’ores et déjà qualifié pour les épreuves de novembre aux Pays-Bas et celles de mars 2019, en Espagne. En parallèle, je suis inscrit sur des épreuves en « valide », au niveau régional : le Savoie Snowboard Tour. À cela s’ajouteront des compétitions régionales de natation en « Handi ». Enfin, en septembre 2019, avec mes partenaires de paratriathlon, on a le facétieux projet de faire Lyon-Nice à vélo, en moins de 5 jours !

Quels conseils pourriez-vous donner aux travailleurs qui, comme vous, se retrouvent en situation de handicap ?

Sylvain - Les handicaps sont si différents et surviennent à n’importe quel moment de la vie, difficile de fournir des conseils qui valent pour tous… Je dirais que chacun, handi ou valide, est confronté à des situations particulièrement difficiles à gérer et qu’il faut savoir les affronter pour en sortir grandi. Mon conseil, ce serait donc d’avoir le courage de faire face, quel que soit ce qui vous tombe dessus, et de continuer à vivre, tout simplement.

Qu’avez-vous envie de dire pour abattre les préjugés et idées reçues sur le handicap ?

Sylvain - Par les dernières diffusions des Jeux Paralympiques et les actions mises en oeuvre en entreprise, le regard des autres sur le handicap est en cours de changement et évolue plutôt positivement. Je tiens juste à rappeler une évidence : en « situation de handicap », nous restons des humains à part entière. Nous ne sommes pas plus différents qu’un « valide ».